Farmall H

.            Au début des années 50, la mécanisation agricole en France a pris un certain retard par rapport à d'autres pays Européens. En 1951, on compte un tracteur pour 156 ha cultivables, alors qu'au Royaume-Uni la surface par tracteur n'est que de 23 ha en moyenne.

Le Plan de Modernisation de l'Etat Français prévoit alors des mesures incitant à l'achat d'un tracteur afin que le parc Français qui en 1946 n'en compte que 60.000, atteigne en quelques années 200.000 unités. L'importation de tracteurs d’Outre-Atlantique, notamment dans le cadre du Plan Marshall, participera activement à cette tâche. Dès 1946, ce sont près de 3.000 tracteurs IH qui seront importés des Etats-Unis.

.            Sous l'influence du gouvernement français, et avec la contribution financière de l'IHC (l’américain International Harvester Corp.) la société de portefeuille CIMA (Compagnie Industrielle de Machines Agricoles) fait l'acquisition d'une usine à St Dizier en Haute-Marne en 1950. Située dans une région traditionnellement sidérurgique, l'usine est achetée aux Ets Champenois, dont la vocation était la construction d'outils à traction animale, et matériels de ferme. Deux autres implantations suivront à Croix (Nord) et à Montataire.

.            Après de lourds travaux d'aménagement, l'IHC confie à la CIMA le montage des Farmall C destinés au marché Français. La fabrication de tracteurs débute au cours de l'été de 1951. Le premier tracteur assemblé à St Dizier à partir de pièces importées des Etats-Unis est le Farmall FC. Il est motorisé par un groupe International de quatre cylindres en ligne à soupapes en tête fonctionnant à l'essence, d'une cylindrée de 1 853 cm3, délivrant 22 chevaux à la poulie. Le refroidissement par eau s'effectue par thermosiphon, tandis que l'allumage est assuré par un distributeur rotatif. Ce moteur peut être adapté pour fonctionner au pétrole. Il dispose d'une boite de vitesses à quatre rapports avant autorisant des vitesses de 3,80 km/h, 6 km/h, 8 km/h, 16,50 km/h et une marche arrière. Livré en grande partie en avant train large, le FC est aussi disponible avec une roue unique ou deux roues jumelées à l'avant. La voie arrière est variable. Il est équipé de freins indépendants sur les roues arrières, commandés par deux pédales qui peuvent s'accoupler. Cela le rendait très maniable, car il pouvait pivoter en bloquant une des deux roues motrices.

.            Suit, sur la base du FC, le Farmall Super FC produit à partir de 1952 avec des pièces de production française à l'exception du moteur qui est toujours importé des Etats-Unis, Possédant la même boite de vitesses et autres accessoires que le Farmall FC, le Farmall Super FC doté d’un moteur International de 2 016 cm3 de cylindrée gagne 2 chevaux à la poulie. Le système de refroidissement se voit doté d'une pompe à eau, et il peut recevoir une modification pour fonctionner au pétrole. En 1953, le Super FC coûte 895 000 F (~ 9 400 € 2017), soit environ l’équivalent de 6 paires de boeufs

.            Le Farmall H est sorti aux Etats-Unis en 1939 avec les A, B et M. S'il pouvait être livré avec des roues en acier les premières années, les pneumatiques feront rapidement partie de l'équipement de base. Les premières importations de Farmall H interviennent en 1945 dès la guerre terminée. En options sont proposés: l'installation électrique, la poulie, un relevage hydraulique, un silencieux d'échappement, le train avant large.

.            Il existe une version "grand dégagement" nommée "HV" (« V » pour ‘vegetables’).

.            Très populaire, le Farmall H a été vendu à plus de 391.000 exemplaires. Prix de vente HT en 1946: 1.105.000 F (~ 4 500 € 2017)

C'est en 1937, qu'un célèbre styliste d'origine Française, Mr Raymond Loewy, apportera du sang nouveau à l'International Harvester Corp. (IHC).

Si on lui doit d'une part l'immortel logo IH qui symbolise un tracteur Farmall et son conducteur vus de face, on ne peut que s'incliner sur les améliorations que cet homme a généré sur les tracteurs, en matière d'ergonomie et d'esthétique.