323 – L’Indépendance (Independence, 1776, july 04)

Herodote.net – Jeanne Laffont / Contrepoints - Nathalie MP / 04 jul 2016

.              La célébration de la fête nationale américaine, aussi appelée Independence Day, commémore la signature de la Déclaration d’Indépendance des États-Unis le 4 juillet 1776 par les représentants des treize colonies britanniques d’Amérique du Nord (1), qui faisaient ainsi sécession avec la Grande-Bretagne de façon unilatérale.

Les treize colonies : New Hampshire, Massachusetts, Rhode Island, Connecticut, New York, New Jersey, Pennsylvania, Delaware, Maryland, Virginia, North Carolina, South Carolina et Georgia.

L’Indépendance effective ne sera signée qu’en 1783, mais la Déclaration d’Indépendance de 1776 a cependant pris rang de fête nationale car elle constitue le premier texte politique, issu des écrits des philosophes libéraux et des Lumières, qui institue officiellement les droits fondamentaux des hommes et les justes pouvoirs des gouvernements.

Le contexte de la Déclaration d’Indépendance : la Guerre de sept ans

.              Pour mieux comprendre l’enchaînement des événements historiques ainsi que les diverses alliances entre puissances européennes et colonies américaines, il faut remonter à la Guerre de sept ans (1756-1763). Principal affrontement armé du XVIIIème siècle, elle est considérée comme la première guerre d’ampleur mondiale car elle se déploie sur plusieurs continents et met aux prises deux alliances opposées. Les deux adversaires de premier rang sont la France et la Grande-Bretagne avec leurs premiers empires coloniaux respectifs, mais par le jeu des ententes et des opportunismes, le conflit englobe la Prusse aux côtés des Anglais, contre l’Autriche, la Russie et l’Espagne (et son empire colonial d’Amérique du Sud) aux côtés de la France. Si l’enjeu européen porte sur la Silésie, le centre du conflit tourne autour de la rivalité nord-américaine entre la France et l’Angleterre. Pourtant, l’Angleterre, grand vainqueur militaire, territorial et culturel à l'issue de cette guerre de Sept Ans, bien qu'ayant récupéré les colonies nord-américaines de la France, et être devenue l'une des plus grandes puissances coloniales de l'époque, est lourdement endettée. D’autant, que selon le Traité de Paris, il doit assurer la sécurité des colonies par une présence militaire de 10 000 hommes. Le Premier ministre anglais décide de taxer les habitants de ses Treize colonies d'Amérique qui ont été les principaux bénéficiaires de la victoire.

Un impôt mal accueilli par les colonies américaines

.              Après le Sugar Act de 1664, le Parlement anglais vote le Stamp Act de 1665 qui stipule que tous les documents, permis, testaments, contrats, cartes à jouer doivent être munis d’un timbre fiscal. Il devient assez vite évident que ces recettes alimentent surtout les caisses de la métropole, et qu’en fait de protection, il s’agit plus de protéger le commerce des peaux et fourrures que d’assurer la sécurité des colons. Ces derniers ressentent une grande animosité envers le nouvel impôt et refusent pour la plupart de s’y plier.

Le juriste américain Patrick Henry, fortement opposé au Roi Georges III qu’il qualifie de tyran, présente à la Chambre des Bourgeois de Virginie une série de résolutions dans lesquelles il conteste le droit du Parlement britannique à taxer les colonies dans la mesure où celles-ci n’ont pas de représentants élus en son sein. Il appelle à la désobéissance civile, et un peu partout des percepteurs subissent la colère des colons. Il n’est pas rare qu’ils finissent enduits de goudron et de plumes. Londres annule le Stamp Act, mais revient à la charge avec des droits sur les importations prisées des colons, dont le thé (1768). C’est le début d’une escalade d’incidents et de manifestations qui aboutiront à la mort de cinq manifestants à Boston (1770) puis à la naissance du mouvement rebelle Tea party, inauguré en 1773 par le débarquement à la mer des cargaisons de thé de trois navires de la Compagnies des Indes. Loin d’accéder aux demandes des colons, le Roi Georges III déclare les colonies en état de rébellion.

Mais les colons ne l’entendent pas de cette oreille. « No taxation without representation » (pas d’impôt sans représentants au Parlement), proclament-ils …

En 1775, un détachement anglais tombe dans une embuscade sanglante à Lexington (Massachusetts) en allant détruire un dépôt d'armes clandestin. 200 soldats trouvent la mort dans l'échauffourée. (1). Ce fait d'armes marque le début de la guerre civile d'indépendance qui va conduire à la naissance des États-Unis d'Amérique. Celle-ci est le fait d'une minorité de colons qui se dénomment « Patriots » (Patriotes) ou « Insurgents » (Insurgés) et qui vont se battre dans une guerre ou périrent 2 500 français.

Les hostilités ouvertes avec la métropole anglaise commencent. Les insurgés, encore très minoritaires, décident de créer une armée et de réunir des armes. Cette armée des insurgés est placée le 15 juin 1775 sous le commandement en chef de George Washington, un ancien officier de l’armée anglaise et futur premier Président des États-Unis. Forte de 20 000 hommes, elle assiège les soldats anglais de Boston. Ceux-ci devront évacuer la ville le 17 mars 1776.

Profession de foi républicaine

.              Il ne manque plus à ces combattants que de donner forme à leur révolte. C'est chose faite avec la publication, le 10 janvier 1776, d'un pamphlet intitulé Common Sense. L'auteur, Thomas Paine, un ami de Benjamin Franklin, prend parti pour les « insurgents » américains et appelle ses concitoyens des Treize Colonies anglaises d'Amérique du nord à s'unir dans une grande nation libérée des servitudes et de la monarchie au nom du bon sens. Son livre est un plaidoyer pour la rupture avec la Grande-Bretagne et aurait inspiré George Washington. En effet, dans ce petit livre, il estime ridicule qu'un pays si petit que la Grande-Bretagne gouverne et impose des lois à l'immense et lointaine Amérique. « Un seul honnête homme est plus précieux à la société et au regard de Dieu que tous les bandits couronnés qui ont jamais existé », écrit-il en guise de profession de foi républicaine. L'ouvrage remporte un vif succès, se vend à 100 000 exemplaires et rallie beaucoup d'hésitants à la cause patriote. Ce succès fabuleux annonce celui de la Déclaration d'indépendance publiée par le Congrès continental de Philadelphie le 4 juillet suivant.

La naissance de la Déclaration d’Indépendance américaine

.              La fièvre de l’émancipation gagne les treize colonies et l’idée d’une proclamation d’indépendance commence à germer dans les esprits des représentants.

Le 12 juin 1776, la Virginie se dote d'une Déclaration des droits (Virginia Declaration of Rights). Le Second Congrès continental, composé de délégués des Treize colonies réunis à Philadelphie, décide de rédiger la Déclaration d'indépendance. Le projet est confié à un comité de cinq représentants (Committee of Five : John Adams -futur second Président des États-Unis-, Roger Sherman, Benjamin Franklin -futur ambassadeur des États-Unis en France-, Robert Livingston et Thomas Jefferson -futur troisième Président des États-Unis-).

Mais c'est finalement Thomas Jefferson (homme des Lumières, il est également le riche propriétaire d’une grande plantation de Virginie sur laquelle travaillent de nombreux esclaves) qui élabore une ébauche en trois semaines. Il devient de fait le principal auteur du texte. Il finit son travail le 21 juin 1776 et le soumet au comité qui fait quelques modifications.

L'Acte de La Haye, rédigé par les États généraux des Pays-Bas le 26 juillet 1581, proclamant de facto l'indépendance des Provinces-Unies, fut l'une des sources d'inspiration de cette Déclaration. Thomas Jefferson s'appuya également sur le Second Traité sur le Gouvernement de John Locke où il remplaça le droit de propriété par celui de la recherche du bonheur. Le texte reprend aussi la tradition anglaise républicaine, qui s'était exprimée au cours des révolutions du XVIIe siècle.  Thomas Jefferson fut aussi influencé par la Ligue des Iroquois, confédération pacifique organisée autour d'une constitution, la « Grande loi de l'Unité » ou Gayanashagowa ; en 1787, Jefferson déclarait à propos des Iroquois : « Je suis convaincu que les sociétés indiennes qui vivent sans gouvernement jouissent globalement d'un degré de bonheur bien supérieur à ceux qui vivent sous les régimes européens ».

L'idée centrale du texte est la liberté : pour la première fois, les idées des philosophes des Lumières sont mises en application, en particulier des deux Traités du gouvernement civil (1690) de John Locke. Il ne s'agit plus des libertés collectives des époques précédentes, mais de libertés individuelles qui sont proclamées haut et fort. La Déclaration est donc un texte universel, qui pose des droits naturels : « Tous les Hommes sont créés égaux. » Ainsi la Déclaration d'Indépendance est universelle car elle s'adresse à l'opinion de l'humanité.

Le texte a aussi ses limites, compréhensibles dans le contexte du XVIIIe siècle : si l'égalité est proclamée, elle n'est pas appliquée dans les faits, car l'esclavage n'est pas aboli : les passages sur la traite et l'esclavage sont supprimés, afin de ne pas mécontenter les régions du Sud. La question de l’esclavage reviendra rapidement au centre de la politique américaine, avec la Guerre de Sécession (1861-1865) et l’abolition concrétisée par Abraham Lincoln (seizième Président des États-Unis) en 1865.

La déclaration est encore amendée au cours des débats du Congrès Le document définitif, écrit sur du parchemin, est approuvé et signé le 4 juillet 1776 par 56 délégués réunis à l'Independence Hall à Philadelphie. La Déclaration est ensuite envoyée à l’imprimerie pour être largement diffusée.

La Déclaration d’Indépendance

.              Le texte de la Déclaration d’Indépendance est assez court et se divise en trois parties bien distinctes.

La première détermine les droits fondamentaux des hommes et définit les contours d’un gouvernement juste :

“We hold these Truths to be self-evident, that all Men are created equal, that they are endowed by their Creator with certain unalienable Rights, that among these are Life, Liberty and the Pursuit of Happiness.

Nous tenons pour évidentes pour elles-mêmes les vérités suivantes : tous les hommes sont créés égaux ; ils sont doués par le Créateur de certains droits inaliénables ; parmi ces droits se trouvent la vie, la liberté et la recherche du bonheur.”

 “That to secure these Rights, Governments are instituted among Men, deriving their just Powers from the Consent of the Governed.

Les gouvernements sont établis parmi les hommes pour garantir ces droits, et leur juste pouvoir émane du consentement des gouvernés.”

La seconde partie fait état des griefs des colons à l’égard du gouvernement du Roi George III nommément cité. Par exemple :

“The History of the present King of Great-Britain is a History of repeated Injuries and Usurpations, all having in direct Object the Establishment of an absolute Tyranny over these States.

L’histoire du roi actuel de Grande-Bretagne est l’histoire d’une série d’injustices et d’usurpations répétées, qui toutes avaient pour but direct l’établissement d’une tyrannie absolue sur ces États (= les treize colonies).”

 “(…) HE has dissolved Representative Houses repeatedly, for opposing with manly Firmness his Invasions on the Rights of the People. (…)

(…) À diverses reprises, il a dissous des Chambres de représentants parce qu’elles s’opposaient avec une mâle fermeté à ses empiétements sur les droits du peuple. (…)”

Enfin, la troisième partie conclut la déclaration par la rupture avec le Royaume de Grande-Bretagne et la création des treize États indépendants :

“WE, therefore, the Representatives of the UNITED STATES of AMERICA (…) solemnly Publish and Declare, that these United Colonies are, and of Right ought to be, FREE AND INDEPENDENT STATES; that they are absolved from all Allegiance to the British Crown, and that all political Connection between them and the State of Great Britain, is and ought to be totally dissolved.

En conséquence, nous, les représentants des États-Unis d’Amérique (…) publions et déclarons solennellement au nom et par l’autorité du bon peuple de ces Colonies, que ces Colonies unies sont et ont le droit d’être des États libres et indépendants ; qu’elles sont dégagées de toute obéissance envers la Couronne de la Grande-Bretagne ; que tout lien politique entre elles et l’État de la Grande-Bretagne est et doit être entièrement dissous. (Traduction officielle en français)

            

04 juillet 1776 : la Déclaration d’Indépendance américaine détermine les droits fondamentaux des hommes.

Il ne s’agit à ce stade que d’une déclaration certes unanime des treize colonies, mais unilatérale, c’est-à-dire non reconnue par la partie adverse britannique. Il faudra encore sept ans de guerre contre les Anglais pour aboutir à lindépendance définitive, obtenue par la signature du Traité de Versailles de 1783. Il faut dire que les deux tiers des 2,5 millions de colons restent fidèles au roi George III ou au moins indifférents aux revendications des insurgés.

La guerre ne fait que commencer entre l'armée des Insurgents et les armées loyalistes et anglaises, renforcées par de nombreux mercenaires allemands.

Les premiers combats ne sont pas favorables aux insurgés. George Washington est battu à Long Island le 27 août 1776. La ville de New York repasse aux mains des Anglais en octobre suivant. En désespoir de cause, les indépendantistes envoient le populaire Benjamin Franklin à Paris afin de négocier d'urgence l'appui de la France.

Retentissement européen et laide de la France

.              L'insurrection et la déclaration d'indépendance ont un très grand retentissement dans la noblesse libérale d'Europe

Le soutien apporté par les nobles libéraux européens permet aux insurgés de retourner la situation en leur faveur. Ils remportent un premier succès d'estime à Saratoga le 17 octobre 1777. Ce succès amène la France à être la première nation à reconnaître l'indépendance des Etats-Unis et décide Louis XVI et son ministre des Affaires étrangères Vergennes à conclure le 6 février 1778 un double traité de commerce et d'alliance avec Franklin, Deane et Lee, représentants du Congrès des futurs États-Unis, qui marque l'entrée de la France en guerre contre l'Angleterre.

L’aide de la France a été décisive dans la victoire américaine. Consistant d’abord en fourniture de matériel, elle devient militaire par l’engagement de troupes terrestres et maritimes à partir de 1778 (Rochambeau et ses 6 000 hommes).

Contre l'avis du jeune roi Louis XVI, en 1777, le jeune marquis de La Fayette (19 ans) arme une frégate à ses frais et rejoint les Insurgents. D'autres officiers se joignent au mouvement comme le commandant Pierre L'Enfant, qui jettera les plans de la future capitale, le général Louis Duportail, mais aussi le Prussien von Steuben, le Polonais Kosciusko ou l'Allemand de Kalb. Leur expérience militaire sera précieuse aux insurgés.

Le marquis de la Fayette

Beaumarchais, homme de théâtre et aventurier exalté, organise des envois d'armes clandestins à destination des insurgés, via une société-écran (Roderigue Hortalze et cie, à l'hôtel Amelot de Bizeuil), avec l'approbation du ministre des Affaires étrangères, Vergennes, désireux de favoriser tout ce qui pourrait affaiblir l'ennemie héréditaire de la France, l'Angleterre.

Bien sûr, tout ceci a un coût élevé qui n’arrangera pas les finances déjà précaires du Royaume de France. C’est la raison pour laquelle Turgot, ministre des Finances de Louis XVI, y était opposé. Il est paradoxal de constater qu’à travers l’aide que la monarchie a fourni à l’esprit des Lumières en soutenant les insurgés américains, elle s’est précipitée vers sa chute et la Révolution française.

La Belle Poule

L'engagement maritime de la France débute le 17 juin 1778 avec la rencontre, au large de Brest, de la frégate La Belle Poule et de l'Aréthuse, un puissant navire anglais. Les Français l'emportent au terme de 22 heures de combat et l'Aréthuse, mal en point, s'enfuit.

Cette victoire navale, la première depuis très longtemps, a un immense retentissement à la Cour de Versailles. Elle suscite chez les extravagantes femmes de la haute aristocratie la mode de la coiffure à la Belle Poule : rien moins qu'une frégate en réduction posée sur la tête !

La contribution des troupes et de la flotte française permet aux insurgés de remporter enfin une victoire décisive à Yorktown le 19 octobre 1781. Après cette nouvelle défaite britannique en Virginie, le sort de l'Angleterre est scellé.

L'Angleterre conserve de solides positions au nord du pays et au Canada. Mais, à Londres, les partisans de la négociation prennent le pas sur les jusqu'auboutistes.  Durant l'été 1782, Franklin rédige les grandes lignes d’un traité qui fera autorité : il réclame l'indépendance totale, l'accès aux zones de pêche des nouveaux territoires, l'évacuation des forces anglaises des zones occupées et l'établissement d'une frontière occidentale sur les rives du Mississipi.

Le roi anglais se résigne à des négociations de paix. Celles-ci s'ouvrent officiellement à Versailles mais les plénipotentiaires américains, parmi lesquels le rusé Benjamin Franklin, mènent des négociations parallèles à Londres, en cachette de leurs alliés français. L'indépendance des États-Unis est officiellement reconnue à Versailles le 3 septembre 1783.

La bataille de Yorktown par van Blarenberghe

La bannière étoilée

La nouvelle fédération s'est donnée un drapeau le 24 juin 1777. La « bannière étoilée » (Stars and Stripes,, Étoiles et bandes) compte 13 étoiles sur fond bleu, autant que de colonies, et autant de bandes horizontales rouge et blanc. (Depuis l'accession des îles Hawaï au rang de 50e État, en 1959, le drapeau compte cinquante étoiles, mais toujours treize bandes, qui rappellent les États fondateurs).

Naissance d'une nation

.              Les Treize Colonies, devenues autant d'États indépendants tout juste unis par un mince lien confédéral, vont devoir apprendre à vivre ensemble.

Ils s'aperçoivent que les Articles de la Confédération qui régissent leurs relations offrent un cadre institutionnel beaucoup trop lâche et ne peuvent être amendés que par un vote unanime. C'est ainsi que la Confédération se révèle impuissante à garantir la libre circulation des marchandises à l'intérieur du pays ou encore à défendre les intérêts commerciaux américains à l'étranger.

Pour y remédier, les États conviennent de réunir leurs délégués à Philadelphie le 25 mai 1787. Ceux-ci adoptent la forme d'un Congrès d'États européens (en anglais « Convention ») plutôt que celle d'un Parlement afin de mieux souligner l'autonomie de leurs États respectifs. Les États-Unis d’Amérique se doteront le 17 septembre 1787 d’une Constitution encore en vigueur aujourd'hui. Inspirée des travaux de Montesquieu, elle institue la séparation des trois pouvoirs et donne pour la première fois au monde la charge exécutive à un Président élu.

Le premier président de la République entre en fonction le 30 avril 1789. Il s'agit de George Washington, héros de la guerre d'Indépendance.

Un peu plus tard, le 15 décembre 1791, la Constitution est complétée par une Déclaration des Droits (The Bill of Rights). Il s’agit de dix amendements relatifs aux droits individuels limitant les pouvoirs du gouvernement fédéral et garantissant les libertés de presse, d’expression, de religion, de réunion, le droit de propriété, ainsi que le droit de porter des armes

Tout est désormais en place pour l'avènement d'une grande nation à nulle autre pareille.

(1) Echauffourée de Lexington

Le 19 avril 1775, un détachement anglais tombe dans une embuscade à Lexington, au Massachusetts. Ce fait d'armes marque le début de la guerre d'Indépendance.

Victoire surprise. Peu de temps avant, quelques Insurgents réunis en congrès à Philadelphie ont décidé de créer une armée et de réunir pour cela des armes !

Le général anglais Cage apprend que des vivres et des armes sont rassemblés à Concord (à une vingtaine de miles au nord-ouest de Boston). Dans la nuit du 19 avril 1775, avec 800 soldats de Boston, il s'en va les détruire. Au passage, à Lexington, sur la route, il tue ou capture quelques insurgés américains (Insurgents). Des colons surgissent alors de partout (1a) et les Anglais s'enfuient malgré l'arrivée de renforts. Au total, ils laissent sur le terrain 273 morts ou blessés.

L'affaire a un grand retentissement chez les insurgés, encore très minoritaires dans les Treize Colonies. Vingt mille d'entre eux s'arment et, sous le commandement de Georges Washington, un ancien officier de l'armée anglaise, assiègent l'armée anglaise de Boston.

(1a) Les « Minutemen »

« Minutemen » est le nom donné aux membres de la milice des Treize colonies qui jurèrent d'être prêts à combattre dans les deux minutes.

Dès 1645, au sein de la colonie de la baie du Massachusetts, quelques hommes furent sélectionnés parmi les troupes locales pour être prêts à un déploiement rapide. Quelques villes du Massachusetts ont très tôt organisé une partie de leur milice pour en faire des minutemen alors que d'autres préféraient maintenir la leur en une seule et même unité. Après la Powder Alarm, fin 1774, les leaders patriotiques au sein du tout nouveau congrès du Massachusetts recommandèrent que toutes les milices comprennent des compagnies de minutemen (des unités spéciales dont les membres suivraient un entraînement complémentaire, se tenant prêts à l'action en cas d'urgence), seules quelques villes suivirent cette recommandation.

Les minutemen avaient le plus souvent moins de 25 ans et étaient sélectionnés pour leur enthousiasme, leur fiabilité et leur force. Ils étaient la première force armée à rejoindre le champ de bataille ou à se tenir prête pour un quelconque conflit. Les officiers étaient élus par leurs hommes et chaque unité rédigeait une convention qui devait être signée au moment de l'enrôlement. En règle générale, ils se rassemblaient pour l'entraînement quatre fois par an, en temps de paix. Il n'était pas rare de voir les officiers, en plein milieu d'une bataille, consulter leurs hommes à propos d'une décision à prendre, au lieu de donner des ordres qui devaient être suivis sans discuter.

La plupart des milices coloniales ne fournissant ni armes ni uniformes, les hommes devaient s'équiper eux-mêmes. Nombre d'entre eux portaient simplement leurs vêtements de ferme ou de travail, d'autres disposaient d'habits de chasse faits de peaux de daim. Quelques-uns se paraient même d'attributs indiens, allant jusqu'à mettre des peintures de guerre sur leur visage, afin d'intimider l'ennemi. La majorité des minutemen utilisaient des fusils de chasse, dépourvus de baïonnette, mais précis à longue distance.

Lexington Minute Man

.              La Déclaration d'Indépendance eut un grand retentissement en Amérique du Nord. Le texte a bien évidemment servi de propagande aux patriotes américains pendant la guerre d’indépendance. Il fait donc partie des textes fondateurs de la nation américaine, aux côtés de la Constitution et de la Déclaration des Droits. Elle fut lue en 1776 dans les églises de Boston, placardée dans les villes et les villages.

Le 4 juillet marque « le véritable acte de naissance des États-Unis ».

La Déclaration d’Indépendance servit de modèle à la Déclaration des Sentiments (Declaration of Sentiments) en 1848, signée par les délégués de la première convention sur les droits des femmes, à Seneca Falls, New York.

Pendant la Guerre de Sécession, dans son discours de la Gettysburg Address (1863), le Président américain Abraham Lincoln mit en valeur l’importance de la Déclaration dans l’histoire du pays :"Four score and seven years ago our fathers brought forth on this continent, a new nation, conceived in liberty, and dedicated to the proposition that all men are created equal."

Le texte fut également repris par Martin Luther King, dans son fameux discours "I have a dream".

Le texte original est conservé aux Archives nationales des États-Unis, à Washington, D.C.